Publié dans La vie, Les autres, Moi

La petite date et non la grande

Il y a 36 ans, alors que je n’étais même pas encore née, ma mère perdait son premier petit garçon, ce grand frère que je n’ai jamais connu. Mort subite du nourrisson. MSN, ces mots que l’on connait tous et dont je n’ose imaginer ce que cela représente de les vivre. Je ne peux pas mesurer ce que ma mère a vécu. Même si je suis maman aujourd’hui, même si perdre mon enfant serait ma pire hantise, je ne peux l’imaginer.

C’était il y a 36 ans. Jour pour jour.

Et donc… depuis… nous entendons tant parler du 8 mars dans les médias. Comment y échapper ? On est tellement parasités par tout ça, où qu’on aille… Je ne juge pas le combat, je ne juge pas le choix de date même s’il est malheureux dans notre cas. Je juge bien sûr la communication faite là dessus (ce qui est délicat, ce qui est maladroit, on va pas rentrer dans les détails).

Bref, chaque année, je ne cautionne pas cette date. Par empathie pour la souffrance de ma mère. Parce qu’elle n’a pas besoin de cette journée des droits de la femme pour se souvenir encore, année après année, de la perte de son premier bébé.

Et aujourd’hui j’ai envie de vous dire, à vous toutes qui me lirez ici combien j’espère que ce 8 mars soit autre chose pour vous. Une petite date dans votre vie anonyme et non la grande que nous rabâche les médias.

Le souvenir de votre premier baiser ?

La signature de l’achat de votre maison ?

L’anniversaire de votre grande sœur ?

Un jour de congé passé au soleil ?

Une date clé de votre parcours PMA, celle dont vous vous souviendrez comme d’un aboutissement ?

Une bonne nouvelle professionnelle ?

Une soirée mémorable entre ami(e)s ?

Un moment de détente bienvenu après ce pénible hiver ?

La découverte d’une bonne adresse près de chez vous ?

Je ne sais pas ce que vous vivrez les unes et les autres aujourd’hui mais je vous souhaite ce petit quelque chose qui rende votre journée belle, racontez-le moi ici en commentaire. Cette journée peut être aussi autre chose que le rabâchage médiatique qui tourne autour.

Pour ma part, c’est une journée pluvieuse de mars, un ciel gris mais ce soir je serrerai très fort mes filles contre mon cœur, leur redirai encore et encore combien je les aime. Après une grosse frayeur hier, je vais les retrouver ce soir avec émotion. Et j’embrasserai également passionnément l’homme qui partage ma vie et que je remercie d’être là, présent, soutenant. Mon pilier dans les épreuves, celui sans qui je ne ferai rien.

Que votre journée soit douce.

Publié dans La vie, Les autres, Moi

Mère active

Hier soir en rentrant du boulot m’est venue cette idée d’article. Je rentrais chercher mes Oursonnes à la crèche avec le sourire. Le sourire de la satisfaction d’une journée active au boulot et en sachant que j’allais retrouver les 2 extensions de moi même que j’abandonne indignement chaque matin à la crèche.

Vous savez quoi ? Je kiffe la crèche, je kiffe cette organisation de notre vie qui m’offre 5 jours sans vraiment m’occuper de mes filles (quoi que matin et soir sont certains jours amplement suffisants). Je ne pourrai pas être une mère au foyer, avoir 2 Oursonnes accrochées sous le coude 24h/24, oui bon soyons honnêtes elles dorment bien donc en réalité seulement 12-13h /24.

En ce moment, j’ai la chance de bénéficier d’un mi temps au travail pour raisons médicales qui me permet une organisation des semaines très plaisantes. Je travaille 2 jours en semaine paire et 2,5 jours en semaine impaire. Je vais à mes RDV médicaux les jours non travaillés et je profite également de ces mêmes jours pour me reposer, lire, bloguer, faire du shopping etc. Bref c’est la belle vie et je n’envisage pas de réduire les temps de garde en crèche pour autant (même si le 1/2 salaire que me coûte la crèche pourrait faire réfléchir).

Tout ça pour dire qu’en fait, j’ai vraiment besoin de cet épanouissement personnel via le travail d’une part et mes loisirs (rares loisirs quand même) pour me sentir bien. Attention, aucun jugement ici sur les choix que chaque femme fait. Il y a des mères qui aiment être à la maison avec leurs enfants. Moi pas. J’aime mes filles mais mon équilibre a besoin du travail.

Le travail justement est très gratifiant en ce moment. Lorsque je suis revenue mi novembre, mon chef savait que ce serait à mi temps. C’est pas pratique pour l’organisation car il faut un suivi de mes dossiers quand je ne suis pas là (suivi qui aurait fait râler les 3/4 des collègues)(oui l’entraide ce mot magique). Du coup il a fait simple et m’a retirée de l’activité aka gestion des dossiers plan plan, quotidien, répétition pour me confier une mission. Mission d’importance car exigée par un audit (et dont la date limite est dépassée chut). Mission conséquente : mettre à jour toutes nos procédures et surtout uniformiser les choses pour que les 2 services de l’entreprise fonctionnent pareil (on fait la même activité mais sur des produits commercialisés différemment en quelque sorte). Il m’a donc confié (imposé?) cette mission en me disant « tu es carrée sur ça », petit compliment au passage très agréable pour les chevilles. C’est un gros chantier car plus tu creuses plus tu te rends compte que tiens dans les procédures qu’on utilisait jusque là il n’y a rien (pas de procédure pour comment faire tel truc, des écrans obsolètes, des choses absolument pas claires, des fautes d’orthographe à tout va etc).

Du coup je passe mes journées à rechercher des infos, à mettre à jour de beaux fichiers (mon côté maniaque est ravi), je vais de réunion en réunion pour poser mes questions à M. Juridique (qui n’a strictement pas le temps et me répondra dans 6mois), Chef, GrandChef, Collègue du service à côté. Bref, je kiffe, c’est gratifiant, je prends des initiatives, j’apprends des choses. Et pis bien sûr quand j’aurais fini ce superbe travail et qu’on pourra tous bosser sur des bases solides, j’irai demander quelques sousous qu’ils auront bien du mal à refuser.

Bref j’étais là hier soir dans ma voiture à dire merci le travail, je t’aime et ça me fait du bien, vraiment ! Tout comme je prends un immense plaisir à pouvoir m’absorber dans un livre et le partager ensuite sur La Liseuse Hyperfertile (c’est jamais sans pub ici). Tout comme je kiffe aussi les travaux en cours dans la maison et l’imagination qui court sans répit sur les petites décos que je vais pouvoir installer quand ce sera fini.

Bref, mon équilibre est là. Mardi matin je pétais un câble sur la petite heure du matin à gérer mes Oursonnes (certains jours ma Grande Ourse est vraiment, vraiment usante avant de redevenir si rigolote et à me faire pleurer de rire) et hier soir je me dis que ces moments où ma vie est autre que celle de maman sont MON équilibre, mon besoin, ma nécessité, ma bulle. Bref, peut importe le mot, l’idée est là.

Merci le travail, merci les livres.

Et toi, que tu aies tes enfants avec toi ou non, c’est quoi ta bouée ?

Publié dans Elles, Moi

La bad mom et moi

Je prends la suite de Dame Lapin pour ne pas qu’elle se sente seule. Et j’avoue ! Je suis une très vilaine bad mom, je dois mériter un sacré grand nombre de coups de bâton.

La bad mom en moi c’est donc celle qui :

  • finit sa partie Candy Cruche (niveau 884 ça déconne pas) ou le paragraphe de son livre avant de porter attention à sa Grande Ourse qui l’appelle (ce qui donne 5 interpellations « hé maman », « maaaaman » etc)
  • prend l’excuse de la Petite Ourse qui dort dans ses bras le soir pour obliger le Barbu à faire ci, ça et encore ci pendant ce temps là
  • profite de la docilité de la Grande Ourse pour lui dire que « Petite Ourse a besoin d’un doudou » (ce qui donne une exécution de la Grande Ourse assorti d’un kroumeugnon « tiens ma puce » destiné à sa sœur) ou « oooooh Petite Ourse a ENCORE fait tomber son anneau par terre » ou même « maman a le nez qui coule tu me donnes un mouchoir ? »
  • prétexte une nullité en réparation d’objets (« ya pu de pile ») pour que la Grande Ourse aille réclamer à son père
  • savoure les rares moments où j’ai une course à faire pour me sauver de la maison en laissant les 2 Oursonnes à leur père ou dans la même veine mais ça n’arrive malheureusement quasiment jamais, est ravie d’aller bosser et que ce soit le Barbu qui fasse garde malade (comment te dire que depuis 3 mois on est garde malade 2 jours sur 5…)
  • kiffe et surkiffe mon mi temps thérapeutique actuel qui me permet d’avoir du temps à la maison sans bosser ni garder les Oursonnes qui sont à la crèche. A moi donc le traînage sur ordi (en ce moment même), la douche détente qui dure bien trop longtemps, les siestes sans babyphone gênant et la paix pour faire comptes, courses, lessives, etc.

En fait, je crois que je suis juste une mère fainéante et/ou fatiguée. (comment ça je me cherche des excuses?!)

Car, je m’occupe de mes filles mais voilà je préserve mes petites minutes pour moi aussi, pour la paix de mon esprit, pour pas virer folle. Je crois que c’est la condition à mon équilibre, à ma capacité à rester zen à certains moments (et je le reste pas toujours hein mais des fois je me dis allez, courage dans 1h elles sont au lit). A côté de ça franchement ces jours-ci, je chante 35 fois d’affilée « Coccinelle demoiselle » et ça me gêne pas du tout, je lave des nez 6 fois par jour et y a pas de souci non plus de même que pour les couches souillées. Voilà mais j’ai juste besoin d’un peu de moi, moi, moi en mode juste femme, la trentaine, passionnée de lecture et adore glandouiller.

Je te mets la chanson, je partage, faut égayer un peu tes mercredis.

Coccinelle, demoiselle, 

Bête à bon Dieu

Coccinelle, demoiselle, 

Envole toi jusqu’aux cieux

Et toi alors, bad mom or not ?

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Le moi chinois

Au boulot, il y a un esprit grand enfant. Du coup, depuis peu, quand un nouveau salarié intègre l’entreprise, il écope du devoir de faire son portrait chinois pour se présenter à tous via l’Intranet. Je pense que ça doit pas plaire à tout le monde mais ça m’a inspirée un peu pour faire vivre le blog (oui j’en suis rendue là, trouver des idées de publication…).

Je vous présente donc la version chinoise de l’Ourse en moi, ça fait un peu panda en fait. Sympa non ?

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Ça se voit qu’on est cousins, pas vrai ?

Si j’étais un objet, je serai un livre bien évidemment… [l’explication ICI pour ceux qui auraient encore échappé à mes pubs].

Si j’étais une couleur, je serai le bleu d’un ciel ensoleillé.

Si j’étais un pays, je serai les Emirats Arabes Unis, ma nostalgie est trop forte.

Si j’étais un son, je serai le rire de mes filles.

Si j’étais une odeur, je serai la peau du Barbu car elle est magique et conserve longtemps l’odeur d’un simple gel douche.

Si j’étais un aliment, je serai le fromage.

Si j’étais une saison, je serai le printemps.

Si j’étais un couple (ou duo), je serai Barack et Michelle Obama. Grandeur et simplicité.

Si j’étais une fleur, je serai l’hortensia bleu comme devant chez moi.

 Si j’étais un poème, je serai Si de Rudyard Kipling.

Si j’étais un proverbe, je serai carpe diem.

Si j’étais un moment de la journée, je serai cet instant où je me glisse au chaud sous la couette avec le plaisir de pouvoir un peu avancer ma lecture en cours.

Si j’étais une date, je serai le 1er janvier 2005 parce que l’amour né ce jour là m’a changée, m’a enlevé un certain mal être.

Si j’étais un objectif, je serai un régime. Mais la motivation n’est pas encore là.

Si j’étais un souvenir d’enfance, je serai les Ménélik et le pain fait maison qu’on mangeait chez ma grand mère. (Pourquoi le souvenir d’enfance est-il un souvenir de ventre?)

Et parce que j’aimerais bien lire vos portraits à toutes, je vous propose de participer à votre tour en attendant le nouvel an chinois 2017 (ce sera le 28 janvier). Je défie MarieAnd, Tittounett et Simone. A vos portraits !

Publié dans Elles, La vie, Moi

Trouver l’énergie pour 2017

Est-ce que tu crois que si l’année commence couçi couça c’est pour aller en s’améliorant et finir en apothéose ? Ce serait bien mais … j’ai du mal à y croire.

Chez nous le mois de décembre, pour la 2ème fois d’affilée, a été celui des bobos à gogo. Du coup ça me gênerait aucunement que 2017 n’ait que 11 mois (tant qu’on garde la paye sur 13 bien sûr). Alors oui, ça voudrait dire supprimer les fêtes de fin d’année mais bon…, sans plus pour ma part, ce sera pas un manque. On peut se créer d’autres jours de fêtes quand ça nous chante.

Nous avons récolté juste avant Noël une double bronchiolite, la Grande Ourse d’abord et la Petite ensuite. Cette maladie est très angoissante, les entendre tousser ainsi, voir qu’elles ne mangent presque plus (quasi 5 jours de jeûne pour la Grande Ourse), savoir leurs capacités respiratoires grandement amoindries. J’ai été en mode angoisse pendant plusieurs jours avec, bien sûr, mauvaises nuits pour tous.

Dans le top des maladies infantiles j’avais bien maudit la gastro au mois d’octobre mais la bronchiolite est pas mal aussi dans son genre. Une bonne petite otite au final je préfère…

Et comme on ne fait pas les choses à moitié, le Barbu a profité de cette même période pour débuter une sacré angine. A en faire des fièvres pas possibles la nuit et à être bien amoindri. Heureusement il était encore capable de m’aider à s’occuper de nos filles. Mais 10 jours d’antibio plus tard, ça n’allait pas mieux pour lui (quand les Ourses avaient sagement récupéré avant l’arrivée du Père Noël). Il a fallu donc re, re consulter. La doc l’a d’ailleurs accueilli par un « non mais quoi encore vous ? ». Il a écopé d’analyses de sang et l’angine qui ne se soignait pas a changé de nom pour une maladie très contagieuse et très très longue à guérir. Du genre qui fatigue beaucoup et qui peut s’étaler sur un an.

Alors moi dans tout ça, ma santé se porte bien. Mais mon moral vacille. Le changement d’année je m’en tamponne le coquillard, franchement qu’on soit en 2016 comme hier ou en 2017 ne change strictement rien pour moi. Juste, j’angoisse de regarder les mois à venir avec des paramètres à cumuler :

  • un mari malade et contagieux (comment faire pour qu’il garde son truc pour lui et ne nous le refile pas ?)
  • deux petites filles qui sont un grand bonheur mais qui demandent aussi beaucoup d’énergie
  • un suivi de santé personnel avec un challenge à relever pour une meilleure vie demain
  • le boulot
  • la maison et les travaux qui sont envisager
  • le besoin de temps pour respirer qu’il faudrait pouvoir planifier mais qu’on ne peut que prendre par ci par là puisqu’aucune famille proche pour nous soutenir
  • et puis tiens justement une famille en mode empathie puissance – 1000 (genre ta mère qui te répond qu’elle est bien contente de plus avoir d’enfants quand tu lui confies tes angoisses pour tes filles……)
  • la carrière pro du Barbu et ses déplacements pour couronner le tout deviennent encore et toujours une entrave permanente. L’impossibilité de prévoir plus de 3 mois à l’avance on connaissait mais là même nos vacances d’été s’annoncent bien puisque ce serait des congés imposés pour lui en juillet et une absence complète le mois d’août, mois pendant lequel la crèche ferme pendant 15 jours ce qui m’oblige bien moi à être en vacances… Chouette la vie !

Je suis blasée, cet article n’est pas positif. Comme le dit mon titre je cherche l’énergie pour 2017. Je sais pas où je vais la trouver… Je relativise bien sûr, nous avons une maison, 2 petites filles merveilleuses, un métier chacun (et en CDI en prime depuis peu pour le Barbu aussi), nous avons construit cette famille dont on rêvait. Je suis en quête de la cerise sur mon gâteau, celle qui lui donne du goût en plus d’être beau. La cerise c’est les petits moments dont on se dit « oh comme j’ai hâte ». Je suis aveugle à la cerise en ce moment, trop angoissée par les écueils que je vois sur ma route.

Je suis désolée de cet article qui se devrait positif pour commencer l’année. Je n’oublie pas que nous avons chacune nos misères à porter et que j’ai au moins la chance de voir 2 jolis petits sourires rayonner dans ma vie au quotidien. Alors quelque soit mon année 2017, rien ne m’empêchera de penser très fort à ces petits sourires radieux, heureux, épanouis qu’il pourrait y avoir dans tant de foyers prêts à les accueillir si cette maudite infertilité n’existait pas. Toutes mes pensées vont vers vous qui les attendez. Qu’ils viennent vite combler vos cœurs et vos bras ces tous petits.