Publié dans Les prémices, Tentatives de déshibernation

Joies et peines d’un parcours (fin)

Il ne me reste plus que mai à raconter donc cette fois j’arrive au bout de mon récit. J’ai été bien longue et je m’en excuse mais sachez que ces longueurs c’est tout moi et que si vous souhaitez continuer à me lire, il y aura encore de nombreux (trop) longs blablas.


Arrivé fin mars, je suis perdue car ma gynéco m’a fermé le chemin et d’une façon fort désagréable en m’annonçant que le cycle suivant ne donnerait rien. A nous qui attendons depuis longtemps et sommes capables de nous faire des espoirs fous sur chaque nouveau cycle, dire que le prochain ne sert à rien c’est dur. D’autant plus que même en reprenant mon homéo, je n’avais aucune idée de combien de temps cela allait pouvoir durer.

Et puis la perspective des inséminations dans ce service a priori non francophone me stresse au possible et je me dis que c’est pas en le faisant avec autant de stress qu’on aura une chance que ça marche.

Alors avec l’amoureux, on parle un peu d’attendre. Attendre le retour en France prévu a priori pour l’été 2014. Soit encore 15 mois d’attente. Ça me semble horrible mais a-t-on le choix ?

Puis arrive le jour maudit de la trahison de celle que je croyais mon amie. Ce jour là l’amoureux ne comprend pas ma si forte réaction. Heureusement, à coté je me peux me confier à une copine. C’est une expatriée dans le même pays que moi mais nous ne sommes pas dans la même ville. Moi dans la capitale, elle dans la ville si médiatiquement connue. On s’est connues sur le fameux forum où tu vas chaque matin entrer scrupuleusement ton chiffre du jour dans l’attente que le logiciel te confirme par de jolis traits rouges que ton corps a fait son travail d’ovulation.

Elle a été super avec moi, elle que je n’ai jamais rencontrée. Elle qui rêve aussi de s’offrir ce beau cadeau qu’est la maternité. On avait déjà parlé de nos gynécos respectives et elle m’avait dit que la mienne était vraiment dépassée, me proposait d’aller voir la sienne. Elle lui avait même demandé pour moi si elle faisait les inséminations à son cabinet (et elle les fait).

Moi ça me paraissait un peu compliqué car chaque RDV voulait dire 2h30 de route aller retour et aurait obligé l’amoureux à poser des 1/2 journées à chaque fois. Hors de question en effet que je fasse la route seule, je vis dans un pays où la conduite est effrayante, au quotidien dans ma ville ça ne me gêne pas, j’adore conduire. Mais pour aller là bas c’est affronter leur autoroute à 2*6 voies et tous ses dangers.

Ce jour là, elle me reparle à nouveau de voir sa gynéco. Je crois que j’étais tellement désespérée que j’ai foncé. L’amoureux m’assure qu’il arrivera à s’organiser avec ses chefs, que ça ne sera pas un souci. (L’amoureux c’est une perle, il dira toujours oui à tout [ou presque] si cela peut me rendre heureuse; et dans ce parcours il est toujours derrière moi, rien ne l’arrête, s’il faut adopter il me l’a déjà dit, ce sera OK. Aucun blocage dans sa tête, tout coule de source, facilement, j’envie très souvent cet état d’esprit).

Décision prise, mon amie me propose même de prendre le RDV pour moi comme les secrétaires ne parlent qu’anglais. Elle est adorable et RDV est vite pris pour le dernier samedi d’avril.

Et là j’ai découvert une gynéco magique, formidable, douce, à l’écoute : une perle. Pourtant j’avais connu déjà 2 gynécos humaines et qui avaient la volonté d’être là, ne me traitaient pas comme un dossier. Mais celle-ci a quelque chose en plus.

Au premier RDV on ne fait que parler, pas d’examen. Elle me represcrit un bilan hormonal complet dont l’AMH pour laquelle je n’avais jamais eu de dosage et ma thyroïde à surveiller compte tenu des antécédents familiaux. Elle est un peu navrée quand je lui dis que j’ai eu Clomid de prescrit mais seul. Car selon elle c’est un anti oestrogène  et qui affine l’endomètre donc, seul, il ne peut pas marcher. Bon on connait toutes des cas où il a quand même fonctionné mais pas sur moi. Et puis, elle me dit clairement non de la tête quand je lui explique qu’on s’est arrêtés juste avant d’aller commencer les inséminations dans notre ville. Pour elle, on n’en est pas encore là.

Pour mon prochain cycle elle me prévoit donc le traitement de choc. Clomid + Gonal + Ovitrelle + Duphaston + Aspégic + Acide folique. La pharmacopée intégrale.

Le cycle débute, on fait la prise de sang et je commence Clomid. On la voit pour la première écho à J8. Mon bilan hormonal n’a pas changé, par contre ma thyroïde qui était dans la norme commence à être un peu haute mais elle dit que pour le moment ça ne m’empêchera pas de tomber enceinte. L’AMH est à 9.7, elle dit que c’est parfait, que j’ai de quoi faire 10 enfants. On n’en demande pas tant !

A l’écho mes follicules sont tout petits, à gauche ça ne l’intéresse pas, à droite elle en voit un. A J8 bien évidemment dans mon corps en hibernation je ne m’attendais pas à voir de follicule dominant, pour moi à J8 ça dort là dedans. Mais elle est satisfaite de ce qu’elle voit. Là où j’ai été bluffée c’est qu’elle me donne du Gonal pendant 6 jours, un dosage de 75 uI puis on se revoit et pour elle c’est sûr la prochaine fois on déclenche l’ovulation. Comment peut-elle prévoir ce qui va se passer avec autant de certitude en partant d’un si petit follicule ?

Je précise qu’elle m’a fourni le Gonal elle même. Il est introuvable en pharmacie ici comme l’était la Gonado prescrite par l’autre gynéco mais il y a des solutions, il suffit de le vouloir pour ses patientes et de s’organiser.

On l’a revue pour l’écho suivante et, comme elle l’avait si bien prévu, on a un follicule mûr de 18.5mm. J’ai beau être OPK je suis quand même l’OPK qui hiberne donc pas de multitudes de follicules chez moi, l’autre follicule qu’elle avait mesuré ne faisait que 14mm. Elle me fait elle même l’injection d’Ovitrelle et nous renvoie chez nous avec des missions à effectuer sous la couette.

Elle n’a même pas voulu me parler de ce qu’on ferait pour le cycle suivant car « vous allez être enceinte ». Oui bah la foi naïve ça marche plus sur nous, on a passé ce cap donc j’ai insisté pour savoir et elle m’a represcrit Clomid pour le cycle suivant.

Tout ce cycle de mai, je ne sais pas pourquoi mais mon état d’esprit était différent. J’étais en mode « je me laisse porter ». Et ça fait un bien fou. Je supporte tellement mal de me faire balader comme une girouette qui ne se maîtrise pas face au vent. Le cycle d’avant j’avais pyschotté car j’avais les seins hyper sensibles et puis en fait c’était juste la première fois que Duphaston me créait ce symptôme. Là, je savais bien qu’entre Ovitrelle et Duphaston il y aurait des ressentis et je me suis forcée à me dire qu’il ne fallait pas en tenir compte, que ça venait du traitement.

C’est vraiment plaisant de se laisser porter, comme si j’avais laissé mon cerveau au vestiaire. J’espère pouvoir garder cet état d’esprit à présent.


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Joies et peines d’un parcours (4)

Après la fausse couche, je suis tellement soulagée de m’être sortie de là, d’avoir échappé à la case curetage en pays inconnu que je ne pleure pas ce bébé qui ne sera pas. 

C’est avec joie que je reprend mes granules homéopathiques. Elles ont fait leurs preuves, montré qu’elles pouvaient quelque chose sur moi donc je crois en elles.

Décembre est le mois du retour de couches avec une courbe de tempé très chaotique. L’ovu sera là mais on la loupe donc ce ne sera pas pour cette fois.

Janvier vient et une ovu seulement à J53, je suis déçue, je me dis que ce serait trop beau de croire que l’homéo suffira. Je reprends RDV avec la gynéco pour voir ce qu’elle peut de plus pour moi.

Et là je tombe de haut. Compte tenu de mon parcours passé, elle veut m’envoyer faire des inséminations. En soi pourquoi pas même si 2 cycles de stim sous Gonal dont un échoué me paraissent peu. Le souci c’est que là ce ne serait plus elle qui me suivrait, elle m’envoie dans un hôpital, un service où les médecins parlent anglais et pour un coût de suivi que je n’ose imaginer (et le remboursement qu’on aurait de ces dépenses m’est inconnu). Je suis une quiche en anglais, l’amoureux gère comme il peut mais là on parle d’anglais « médical ». STRESS.

J’arrive quand même à la convaincre de me redonner Clomid, j’avais déjà cette idée en tête en venant car je me dis que Clomid + l’homéo ce sera peut être juste ce qu’il me faut. On repart donc là dessus, ce qui nous laisse du temps pour penser / étudier l’option inséminations.

Le cycle se déroule normalement. A la première écho, elle me prescrit de la gonado pour le déclenchement de l’ovu, en me disant que je peux aller voir dans telle ou telle pharmacie où il sera plus facile de le trouver. Dix pharmacies de faites par l’amoureux, médicament in-trou-va-ble, elle ne s’en étonne pas trop quand je lui dis 2 jours plus tard. On fait donc sans. Je prends Duphaston après l’ovulation et là, gros bug. 7 jours de spottings mais pas de règles. Pas de test de grossesse positif non plus évidemment.

Je retourne voir la gynéco. Echo, prise de sang pour écarter une possible GEU. Elle me dit que c’est dysfonctionnel, mes règles arriveront d’ailleurs dès le lendemain, comme par hasard. Par contre, elle me dit que mon endomètre est trop fin, que ça ne sert à rien de reprendre Clomid sur le prochain cycle car ça ne marchera pas. 

Elle me reparle donc des inséminations. Elle sait notre difficulté par rapport à l’anglais, par rapport au financement de ces soins. Elle me dit qu’il faut aller là bas demander le coût, ne propose pas de se renseigner pour nous. Comme elle m’avait dit que le médecin avait fait ses études en Belgique, je lui en reparle en lui disant « mais il doit bien parler français non? ». Et sa réponse… Non, je sais pas… elle réfléchit…. pour finalement me dire « ah bah oui il parle français ». Mais elle me dit ça comme pour se débarrasser de moi, oui vas-y va le voir parles-lui en français mais dans le fond elle n’en savait rien…

Je ressors de là dégoûtée, elle ne peut rien de plus pour moi, ne montre pas vraiment l’envie de m’aider.

C’est la fin de mon parcours avec cette gynéco.

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Joies et peines d’un parcours (3)

Je reprends le fil en septembre 2012. L’homéopathe m’avait dit comme je n’avais pas de cycles réguliers que je pouvais commencer le traitement le 1er du mois (ou le 5 ou le 13 ça n’aurait rien changé). J’ai suivi docilement quand même. A ce moment-là mes dernières règles remontent à fin juin et malgré l’hyperstim de juillet je n’ai pas ovulé.

Je fais des tests d’ovulation au cours du mois. Ce fût mon premier test ultra foncé, on sexe (oui du verbe sexxxxer!) et s’en suit une belle ovulation. On est en pleine découverte de notre nouveau pays, on rencontre les collègues de mon mari et leurs familles, on est logés temporairement à l’hôtel et les appartements dans lesquels on doit emménager sont loins d’être prêt. On n’aime pas notre hôtel, on n’a pas nos affaires bref on a d’autres soucis en tête mais on fait ce qu’il faut quand même.


Début octobre est là. Un jeudi je vois les spottings arriver, bon bah c’est mort hein. Le vendredi matin on a une réunion logement qui nous met tous d’humeur exécrable. Avec les copains et leur petit garçon on décide de se sauver pour le WE, on part à la découverte d’une autre ville, on s’y prend un bel hôtel. On se prélasse dans la piscine, on se remplit le ventre bien plus qu’il ne le faut au resto. Le lendemain on prend la direction du zoo. Je souffre comme pas possible de la chaleur, à un moment donné je me mets même à pleurer tellement je peine. L’amoureux comme d’habitude prend bien soin de moi, je suis de manière générale pas très costaud, il a l’habitude de mes moments de faiblesse, le plus souvent liés à mon mal de dos. Ma copine ne dit rien mais elle n’en pense pas moins, et leur fils lui est en pleine forme, il ne souffre pas comme moi de cette chaleur.


Le samedi soir de retour dans notre hôtel on sexe. J’ai mal aux seins. Le lendemain matin je ne sais plus trop bien comment ça m’est venu mais je fais un test de grossesse. Une barre apparaît. Mais pas aussi foncé que la barre témoin. C’est le test de grossesse bandelette pas cher. Je ne suis pas sûre de moi à cause de cette barre faible, j’ai quand même un retard de règles donc je pense qu’elle devrait être plus foncée. Je demande à ma copine de m’accompagner à la pharmacie, elle arrive je lui explique pourquoi, je suis juste capable de lui dire que j’ai fait un test de grossesse et « qu’il y a une 2ème barre ». Je ne peux pas dire « je suis enceinte », je suis tellement dans le doute. Avant de partir, je vais aux toilettes, j’ai des spottings. Je doute encore plus.


Je voulais trouver un Clearblue digital avec datation de grossesse mais ça n’existe pas ici donc je n’achète rien. Je réfléchis toute la journée comment le dire à l’amoureux. 


Moi qui rêvait d’une belle annonce finalement je m’y prends maladroitement. Je lui dis que peut être pour ses 30 ans je saurai déjà quoi lui offrir comme cadeau (ses 30 ans c’était hier avec mon ovulation de septembre cela faisait une DPA en juin donc quelques semaines après son anniv). Il a un sourire en coin parce qu’il a compris ce que je vais lui dire mais fait mine de rien. Et là je déballe tout avec la boule au ventre, que j’ai fait un TG qui « a une barre » mais que j’ai des spottings (il grimace), que j’ai voulu acheter un test mais pas trouvé. 


On est sortis acheter un test que j’ai fait le lendemain, toujours positif. Il me dit « félicitations tu es enceinte ». Je prends RDV pour fin octobre chez une gynéco française. Je fais une PDS qui confirme la grossesse. Je n’ai pas vraiment de symptômes, juste les seins un peu sensibles. Toujours des spottings par moments mais je relativise, je sais que ça arrive à plein de femmes en début de grossesse.


Et puis un après midi je ressors encore des toilettes avec une mauvaise surprise, je fonds en larmes devant les copines. Elle me persuadent d’aller aux urgences, je leur dis que ça sert à rien, que c’est trop tôt qu’on ne verra rien. Elles appellent l’amoureux pour qu’il vienne. On passe 3 heures aux urgences (qui confirment la grossesse), on voit la poche mais c’est tout. C’est trop tôt.


Moins de 10 jours plus tard je rencontre la gynéco. Elle me demande pourquoi je viens la voir, je lui dis « je suis enceinte » et ça sonne mal dans ma bouche, j’ai pas l’impression que c’est moi qui suis en train de dire ça. S’en est suivi tout un bordel pour déterminer de quand date ma grossesse (dernières règles en juin 4 mois avant!), je lui dis mes tests d’ovulation positifs, ma courbe de température, moi je sûre de la date mais je n’ai pas ma courbe et elle n’est pas contente. Bah je vis à l’hôtel je ne suis pas équipée grand luxe avec une imprimante que je balade dans ma valise…


Je lui dis que j’ai des spottings, elle me fait l’écho et trouve que ce n’est pas bon signe par rapport à la date que je lui dis, on devrait voir plus que ça et la vésicule vitelline est un peu trop grosse. C’est peut être une grossesse arrêtée. Elle me demande de revenir dans quelques jours pour confirmer.

Bon après ça je vais pas détailler jour après jour mais la confirmation d’oeuf clair est venue et on a parlé de comment mettre fin à cette grossesse. Elle m’a refait un dosage HCG, mon taux était très haut et elle n’a pas trouvé ça bon signe car le HCG allait aider la grossesse à se maintenir et selon elle ça compliquait beaucoup les chances d’une fausse couche naturelle. Elle me parle d’aller faire un curetage, je lui parle de médicaments pour aider la fausse couche à se faire mais elle me dit que c’est interdit ici, qu’elle ne peut pas me prescrire ça, que seul l’hôpital public le peut. Je décide d’attendre.


On se revoit à nouveau, l’oeuf est toujours là, elle reparle de curetage, je ne veux pas, ça coûte horriblement cher et l’idée de passer sur le billard dans ce nouveau pays me terrifie, ce serait un autre docteur que je ne connais pas bref non je ne veux vraiment pas de cette solution. La gynéco ne peut rien de plus pour nous, nous demande même si l’on n’envisage pas de rentrer en France prochainement (!)… Tout au long du mois de novembre j’ai des spottings ou saignotements, rien de très important.

Arrive un moment où l’on décide d’aller à l’hôpital public demander les médicaments histoire de tourner la page. Là bas, hommes et femmes sont séparés donc je me fais accompagner d’une amie qui maîtrise super bien l’anglais. Tout du long je suis seule avec elle et mon mari à l’écart (ça ajoute beaucoup de douleur au parcours). La gynéco de l’hôpital nous parle à nouveau curetage. J’insiste sur les médicaments. Et là on apprend que les médicaments sont insérés par voie vaginale et qu’on est hospitalisés tout du long, jusqu’à évacuation complète (que cela prenne 3 heures ou 3 jours). Donc c’est encore pire que le curetage qui peut lui être fait sur une journée, sans hospitalisation. On stoppe tout et je repars de l’hôpital complètement déprimée.

En parallèle, je fais du sport avec une copine, et à chaque fois que ça me tire dans le ventre je suis contente car je sais que ça me donne des chances que l’oeuf se décroche (oui je suis maso!). Mais pas de saignements abondants. On se décide donc à retourner encore voir la gynéco française pour une dernière écho. Je commence à me dire que je n’aurais pas le choix, que je vais devoir aller faire ce curetage et ça me terrorise toujours autant. Mais je m’y prépare, j’y suis forcée.


Et là, miracle : l’oeuf n’est plus là, juste quelques petits débris qui partiront aux prochaines règles. Je suis extrêmement soulagée, on tourne la page, on évite le curetage. Je repars toute joyeuse sur un nouveau cycle, je me jette sur mes petits bonbons homéopathiques. Ils m’ont apporté le + j’ai foi en eux, j’oublie les cycles longs et anovulatoires. 


Avec le recul je ne sais pas comment il a été possible que l’évacuation fonctionne avec si peu de pertes, j’ai eu beaucoup de chance, peu de saignements, peu de douleurs. Même s’il en a fallu du temps cette solution me convenait. A aucun moment je n’ai pensé avec horreur qu’une vie morte était en moi, qu’il était urgent de m’en débarrasser. Je précise cela car je sais que certaines femmes, moralement, veulent que tout se finisse très vite. Pour ma part, moralement j’étais capable de voir les jours passer. Ce n’était pas le souci. Ce qui m’a torturée moralement c’est le fait de vivre cette fausse couche ici, de ne pas pouvoir vraiment choisir le moyen d’évacuer. Aujourd’hui, le temps est passé mais je ne sais pas si j’aurais la force de vivre une nouvelle fausse couche ici. J’espère bien évidemment que cela n’arrivera pas. Et puis, cet oeuf, je ne sais même pas s’il s’est développé suffisamment pour que son cœur batte à un moment ou non. Je n’en suis pas sûre. En tout cas nous on n’a jamais vu de cœur battre. 

Publié dans Les prémices

Joies et peines d’un parcours (2)

La suite de l’histoire ne peut se faire sans commencer par un aparté.



A compter de fin août 2012, l’aventure s’écrit à l’étranger. Je ne compte pas nommer lepaysoùjevis car son nom n’amènera pas une meilleure compréhension de l’histoire mais je me dois de vous en expliquer un minimum car ce changement de cadre de vie a fait dévier notre parcours.


Le but n’est pas de raconter ce pays, ses avantages et ses inconvénients mais juste le cadre accueil médical en général, et plus en particulier gynécologie, grossesse, infertilité.


Je ne veux pas non plus comparer le système ici avec celui que nous connaissons en France, ils ont sûrement tous deux avantages et inconvénients. Je sais que le collectif BAMP se lance dans un grand combat pour améliorer les choses en France et je soutiens leur initiative même si pour le moment je ne suis plus concernée. Un jour viendra où je serai de retour en France et si les choses ont changé en mieux, je sais que j’en profiterai (en remerciant celles et ceux qui auront permis ces changements). Parfois en attendant, j’ai quand même le regret de ne pas pouvoir vivre certains événements en France et d’autres fois (mais moins nombreuses j’avoue) je suis contente de le faire ici.


De manière général je dirai que le système de santé est inspiré du modèle américain, tout soin se paye, chacun en fixe le prix qu’il veut et ceux qui n’ont pas les moyens suffisants ne peuvent parfois pas accéder aux soins dont ils auraient besoin.


Pour nous en particulier, nous bénéficions de la sécurité sociale et d’une mutuelle françaises à qui nous adressons nos demandes de remboursement. Mais nous devons avancer tous les frais; pas de carte vitale ici juste des demandes de remboursement papier qui mettent un temps bien trop long à être remboursée. En ce moment par exemple, nous avons 1500€ de soins en attente de remboursement. (Cette somme est quand même à ramener à un niveau de vie d’expatriés qui bénéficient de salaires bien plus élevés qu’en France même si je ne travaille pas).


La première difficulté que nous avons ici, où la principale langue parlée est l’anglais, est de trouver des médecins francophones. Il y en a quand même quelques uns pour presque chaque spécialité. Comme partout ailleurs, parmi ceux-ci il faut faire le tri entre les bons et les mauvais. Et lorsqu’on arrive dans un lieu nouveau, en France ou à l’étranger, il faut toujours « tester » plusieurs médecins avant de trouver LE BON.


Ici, il y a certains médicaments qui sont interdits, d’autres très classiques comme le Doliprane qu’on ne trouvera pas, des pharmacies qui ne pratiquent pas la commande de produits car n’ont aucune garantie de recevoir un jour le médicament demandé.


Coté maternité, les IVG ou IMG sont interdites. Je suppose que les tests prénataux comme celui pour la trisomie 21 ne sont pas pratiqués non plus. Mettre fin à une vie est contre nature même si l’enfant naît pour vivre une vie de souffrances.


L’accouchement coûte extrêmement cher (plusieurs milliers d’Euros), les césariennes sont très pratiquées car plus « gérables » aux yeux des médecins. Comme pour tout, l’argent est roi donc si tu es fortuné ta chambre a la maternité peut être une vraie suite où tu seras choyé. Sinon les mamans sortent avec bébé dès le lendemain de l’accouchement.


Si tu dois avoir la malchance de vivre une fausse couche, le médecin qui s’occupera de toi prendra 1001 précautions avant de t’envoyer vers un curetage (très coûteux également) car le risque est grand de se voir accusé par la suite d’avoir procédé à un avortement (et ce, même s’il est avéré que le fœtus ne se développe plus).


Coté infertilité, les mêmes techniques ou presque qu’en France existent. A savoir qu’une FIV coûte au moins 7500€. On peut retrouver les mêmes traitements mais à condition d’être suivi par le bon gynéco. Pour ce point j’en reparlerai plus en détail dans la suite de mon parcours.


Je n’avais pas prévu de faire un si long billet juste sur le cadre médical qui est le mien mais maintenant que c’est écrit je ne vais pas l’effacer alors je vous raconterai mes premiers RDV avec ma première gynéco ici dans le prochain message.


Publié dans Les prémices, Tentatives de déshibernation

Joies et peines d’un parcours

Je vais commencer à retracer mon parcours avant d’autres messages car je sème ici et là des éléments qui ne seront pas compréhensibles sans cela.

Fin juin 2011, nous l’avions décidé, je finissais ma dernière plaquette de pilule. Avec joie. Nous nous marions le mois qui suit, je ne voulais pas arrêter la pilule plus tôt car je ne voulais pas risquer d’avoir mes règles le jour du mariage (se mordre les doigts plus tard#1). C’était donc tout calculé mais nous sommes d’accord.


Juillet c’est le mariage et les vacances, on se laisse porter. Début août déjà, au retour de vacances je pense acheter un test de grossesse, ce ne sera pas le cas mes règles arrivent le jour où j’avais prévu d’aller à la pharmacie.


Ensuite on se lance dans l’achat de notre maison. Un 2ème cycle s’achève, bien plus long. 45 jours.


Avant de prendre la pilule il m’arrivait d’avoir mes règles un mois sur 2 par moments donc je ne m’inquiète pas plus que ça (me mordre les doigts si j’avais su #2).


Et à partir de là, l’hibernation se confirme. Plus de règles. Je contacte ma gynéco une première fois, elle me demande d’attendre. Je reviens à la charge, j’ai droit à Duphaston. Un cycle de plus de 100 jours s’achève. On attaque le C4. Je commence de moi même une courbe de température. Qui restera plate comme une crêpe. 


Je ne perds pas de temps et fin janvier 2012 je recontacte la gynéco, le cycle commençant déjà à se faire long à nouveau. Elle me donne RDV en février. Moins de 8 mois d’arrêt pilule, elle me prescrit un bilan hormonal et Duphaston à nouveau pour mettre fin au cycle. Je m’estime chanceuse à ce moment-là de ne pas avoir une gynéco qui me force à attendre que l’arrêt pilule soit suffisamment long.


Mars 2012, je reçois le résultat du bilan hormonal, il est normal tout est dans les normes du labo ! Je suis contente. Je revois la gynéco, elle y voit directement un souci que je ne voyais pas, me dit que mes ovaires sont fainéants, que je suis née comme ça. Et me voilà lancée dans les traitements. Ma gynéco est prudente, elle me donne Clomid mais en petite dose car elle ne sait pas comment je vais réagir. J’ai donc droit à 1/2 comprimé. (A ce jour je n’ai pas eu connaissance d’une autre personne à qui on ait prescrit une si faible dose). Et pourtant, ça marche, j’ovule ! Je me réjouis intérieurement, me dit que oui j’hiberne mais que ça ne doit pas être si marqué que ça pour avoir des résultats avec si peu.


Avril 2012, on recommence la même chose. Mai 2012, on passe à 1 comprimé. Entre temps on se rend compte aussi que mes phases lutéales sont un peu courtes, j’ai de la progestérone en supplément.


Juin 2012, changement de programme, on passer à Gonal et Ovitrelle. Comme notre départ pour l’étranger approche la gynéco nous prescrit aussi le spermogramme qui revient nickel. 


Juillet 2012, je fais l’hystéro, pas de souci de trompes bouchées, mon utérus est tout de traviole et complètement couché sur la droite mais ce n’est qu’un détail qui n’empêche rien. Le nouveau cycle Gonal Ovitrelle finit en hyperstim, l’amoureux et moi sommes séparés pour quelque semaine.


Août 2012, je profite des quelques semaines chez mes parents et je tente le tout pour le tout car je ne sais pas de quel suivi je bénéficierai dans mon nouveau pays.  Je prends RDV avec une ostéopathe qui me fait de la réflexologie plantaire.Tous les organes dans mon ventre souffrent, du rein, aux ovaires en passant par l’utérus. Je demande un autre RDV à un homéopathe qui me fait aussi une séance d’acupuncture. Je pars vers ma nouvelle vie avec mon stock de petits bonbons homéopathiques dans ma valise.


Entre temps, pas de règles pourtant suite à l’hyperstim j’aurais du ovuler « naturellement ». Cause toujours !





Voilà pour cette première partie. La suite dans un prochain message.