Publié dans La vie, Les autres

Bonne fête des mères quand même !

Avec ce titre, je vous préviens, article en mode aigrie. Si vous êtes sur un mood bisounours, vous pouvez sauter la lecture de la suite de l’article sans souci.

Sauf si vous vivez dans une caverne, ce qui est quand même parfois mon cas en tant qu’Ourse, vous n’avez pas du louper la date clé que nous sommes aujourd’hui. Alors vous avez complètement le droit de n’en avoir rien à faire mais force est de constater qu’il est difficile de ne pas voir le rabattage incessant autour de cette fête des mères (quoi que certains hommes arrivent encore parfaitement à le zapper). Cette fête des mères se célèbre donc aujourd’hui dimanche 27 mai. Du moins en France, pensées pour nos copines belges, canadiennes et sans doute d’autres qui ont déjà fêté ce jour il y a quelques semaines.

Alors je pars mal du côté de mon éducation car ma mère n’aimait pas cette fête. Elle préférait avoir des enfants gentils toute l’année, disait-elle. Aujourd’hui maman, j’aimerais bien cela aussi mais c’est une sacrée utopie. Je suis maman depuis bientôt 4 ans et je dois vous avouer que non je n’ai jamais eu de cadeau à cette fête ! Parce que mon mari est un ours peu attentionné qui se fiche de ça (si encore j’avais déjà des cadeaux dignes de ce nom à mon anniversaire et à Noël…) et parce que la crèche ne faisait (et ne fait toujours pas) de cadeau. Et je vais peut être vous surprendre mais ça ne me choque pas ! Ce n’est pas forcément leur rôle de faire cela et il y a toujours, je trouve, un énorme risque de faire participer un groupe d’enfant à l’élaboration d’un cadeau pour la fête des mamans puis la fête des papas. En effet, on adopte comment quand un enfant a 2 mamans ou 2 papas ? Et quand l’un d’eux n’a qu’une maman, qu’un papa et pas d’autre parent ? Ce sont des situations bien délicates devant lesquelles je veux bien comprendre qu’on ne prenne pas de risque en ne faisant rien de particulier avec l’enfant.

Et bien, cette année, je vais encore plus aller vers ce discours du « pas de cadeau plutôt que de blesser ». Car cette année, à l’école, ma Grande Ourse a créé une petite carte. Dont j’ai entendu parler la semaine avant, il est difficile de faire comprendre aux enfants de garder la surprise. Rentrés avec ce présent vendredi soir, je devais l’ouvrir de suite sinon elle s’en serait chargée elle même. Alors puisqu’elle n’a encore que 4 ans (enfin les aura bientôt), je n’allais pas insister sur le principe de la date, ça n’a pas beaucoup d’importance.

Et le déballage du présent est venu s’ajouter à une journée où tu fais plein de démarches qui se soldent par un mur. C’est pas exprès, j’avais déjà eu mon lot de nouvelles bien relou dans la journée. C’était juste pas le bon jour quoi !

Et je déballe une petite carte personnalisée au recto ainsi qu’une petite création avec un cœur à suspendre. Je ne vais vous montrer que le dernier élément, le poème qui se trouvait au dos de la carte. Qui vaut malheureusement bien tous les mots.

Et là …. plus trop de mots… Ou alors nettement trop…

Effarant.

Désolant.

Stop clichés.

Blessant.

Navrant.

Choquant.

 

Bref, merci maîtresse mais tu vois avec le recul je préfère NE RIEN AVOIR que de lire un message aussi NUL en 2018. Et si tu pouvais m’éviter de pleurer en cette journée qu’on a mis plusieurs années à obtenir quand il ne faut à d’autres que 9 mois ou un chouia plus, ce serait parfait.

Pensées à toutes celles qui ont encore la peine sur le cœur et qui sont les cibles involontaires de la maladresse de cette journée. Je vous embrasse fort.

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« Maman j’ai peur »

Dernièrement, j’ai été confrontée dans mon rôle de maman à plusieurs situations avec une enfant effrayée. Et dans toutes ces situations, je me suis posé la question des réactions / comportements des autres adultes en face de mon enfant. Et clairement, dans toutes ces situations, j’ai trouvé la peur de mes enfants normale, justifiée et l’action / réaction de l’adulte présent m’a paru inapproprié. Alors j’ai eu envie de vous parler de ça parce que je crois qu’il ne faut pas oublier que nos enfants ne sont que des enfants et qu’il est donc normal de voir chez eux des peurs qui n’existent plus à l’âge adulte. Et je crois que l’adulte en général a tendance à oublier cela. Sans jamais couver mes filles des moindres situations qu’elles peuvent être amenées à vivre, dans les situations dont je vais vous parler ici, cela m’a paru normal d’être un parent protecteur.

Situation 1 : L’inconnu dans la rue

Un jour, je vais à la bibliothèque avec la Grande Ourse. On se gare sur le parking, je la sors de la voiture et lui dit de m’attendre le temps de récupérer le sac de livres. Un monsieur d’une cinquantaine d’années se trouvait là sur le parking à quelques mètres d’elle. Pendant que je récupérais mon sac, ce monsieur s’est mis à fixer la Grande Ourse en lui faisant des sourires. Je pense qu’il s’attendait à un sourire en retour. Or, la Grande Ourse a pris peur et est venue s’accrocher à ma jambe. Le monsieur a fait un signe avec ses mains en rigolant devant la peur de ma fille… J’ai fait un haussement d’épaules au monsieur sans rien répondre, sous entendu « elle a peur et alors? », ai pris la main de ma fille pour la rassurer et nous avons passé notre chemin.

Pourquoi cette situation m’a interpellée ?

Déjà, ce mec, je l’aurais moi aussi trouvé chelou si j’avais été seule et aurai bien pris soin de ne pas croiser son regard. Je l’aurai ignoré quoi. Donc la peur de ma fille me rassure, cet homme pouvait paraître inquiétant et ça me va très très très bien que ma fille s’en méfie. On vit dans un monde où il faut apprendre à nos enfants à ne pas se fier à n’importe qui alors si ma fille à cette réaction là, d’instinct, c’est parfait et je ne ferai rien pour la faire changer sur ce point. Cette peur me parait saine et pourra être un élément qui assurera, autant que cela soit possible, sa protection.

Et puis, ce mec ? Il attendait quoi là, que ma fille lui fasse un grand sourire, un coucou, lui saute dans les bras ? Mais t’es un inconnu mec ! Est ce que tu dis bonjour à tous les adultes inconnus que tu croises sur un parking ? non ? Ben alors pourquoi le faire avec un enfant ? Alors oui, l’enfant, c’est mignon, c’est chou, c’est craquant, les gens sont gagas des mômes. Mais, reste à ta place d’inconnu et puis c’est tout !

Situation 2 : Le père Noël

Les enfants et la peur du père Noël, je crois que tout le monde sait que c’est un grand classique. Mes Oursonnes ne font pas exception, elles en ont peur toutes les 2. Or, nous avons croisé plusieurs fois ce Père Noël. Première fois, arbre de Noël de mon travail, elles sont toutes les 2 passées devant lui en courant / pleurant et n’ont absolument pas voulu s’en approcher. Pas de problème, on ne les force pas. La 2ème fois, arbre de Noël du travail du Barbu, un joli petit décor était installé, fausse cheminée, fauteuil, sapin, le Père Noël n’était pas là, elles ont pris leurs marques, ont squatté le fauteuil et on a pu faire une jolie séance photo. Une fois le Père Noël arrivé, la Grande Ourse fuit et la Petite Ourse se réfugie dans mes bras. J’essaie de voir si elle veut bien s’approcher quand même pour tenter la photo, je m’accroupis à côté du père Noël avec elle sur mes genoux, il lui tend sa main, elle touche les gants, on fait 2/3 photos et ça en reste là. La Grande Ourse étant pendant tout ce temps restée à bonne distance de la scène !

Un peu plus tard, on a pris le gouter installé à des tables avec les collègues du travail, c’est le moment de la remise des cadeaux. Le père Noël revient entre les tables et, comme de par hasard, s’adresse à la Grande Ourse en demandant qui vient chanter petit papa Noël avec lui. Réaction de la Grande Ourse : flippée, terrorisée. Père Noël : mort de rire. De la pure provoc’…

Pourquoi cette situation m’a interpellée ?

Le mec sous le père Noël là y a pas à lambiner, il est con. Point barre ! A quoi ça sert d’en rajouter une couche, sérieusement ?

Situation 3 : Les chiens

Peu avant Noël, j’ai eu l’occasion d’avoir un échange avec mes MILKs adorées sur la présence de chiens dans le cercle familial des enfants quand ceux-ci n’en ont pas à la maison et en ont peur. Et puis, je n’avais pas pensé que je serai confrontée à cette situation mais en fait si, ma belle mère a un chien. Un petit chien à mémère, je saurai même pas vous dire ce que c’est comme race mais je déteste ce genre de chien. Bon déjà, je n’ai pas d’affection particulière pour les chiens mais à choisir je vais plus aller vers un grand chien que ces petits trucs tout fou. C’est pas que j’en ai peur mais je les déteste, c’est une antipathie nette et irraisonnée.

On a déjà des précédents justement avec ce chien que je repousse franchement quand il essaie de venir vers moi. Message : je suis pas ta copine, va voir ailleurs ! Mes beaux parents sont venus chez nous avec ce chien l’été de la naissance de la Petite Ourse. Je les ai donc accueillis dès la porte d’entrée en disant « le chien reste dans le jardin ». Réponse de la belle mère « ah bon ? ». Ben oui, c’est logique, avec un bébé de moins d’un mois à l’intérieur, dont je ne sais pas s’il y a allergie ou non, je veux pas du chien chez moi.

Là, il s’est trouvé qu’on allait chez les beaux parents. Les Oursonnes se sont donc retrouvées face au chien. Résultat identique pour les 2 : terreur, cris, Grande Ourse qui se réfugie sur les genoux, Petite Ourse qui se fait prendre dans les bras.

Pourquoi cette situation m’a interpellée ?

Partant de cette peur nette (et pas partagée par le petit cousin évidemment), croyez vous qu’il a été envisagé d’isoler le chien du reste de la famille afin que les enfants aient la paix ? Non, évidemment que non ! Le chien avait même le traitement royal : allongé sur le canapé et les adultes qui en sont réduits à prendre une chaise…. J’ai donc pris mes filles dans les bras chaque fois que cela a été nécessaire. Et repoussé le chien sans aucune gêne dès qu’il revenait dans mes pattes. Certes, je dois reconnaitre tout de même que la Grande Ourse a fini par dompter un peu sa peur et oser dire au chien « va t-en », ce que je lui avais conseillé pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas obligée d’accepter la présence du chien. Mais bon celui-ci n’a pas trop obéit non plus…

Ah oui on a eu le droit aussi à la crise d’endormissement de sieste des Oursonnes qui étaient dans la même chambre et, quand je suis allée voir ce qu’il se passait, la Grande Ourse m’a expliqué « maman il y a un chat sur l’armoire ». Grrrr ledit chat étant celui des 3 chats de la maison qui est clairement méchant et que seul la belle mère peut prendre… Après coup tu te dis aussi heureusement que la Grande Ourse parle car le chat était tellement bien planqué qu’on n’aurait jamais compris avec les seuls pleurs de la Petite Ourse.

 

Pour finir, je tiens à ajouter que j’ai développé ici 3 situations particulières qui m’ont vraiment interpellée. Je précise que mes Oursonnes ne sont pas, de manière générale, des enfants craintives, apeurées, devant l’inconnu. Je le précise parce que je pense qu’il existe des enfants qui sont très peureux et que cela nécessite sûrement un autre comportement de la part du parent pour faire la part des choses entre la peur justifiée / injustifiée (pour autant qu’il puisse exister des peurs injustifiées ? je sais même pas…). Et j’imagine bien que, pour ces enfants-là, ce doit être bien difficile de leur faire comprendre qu’il n’y a pas à avoir peur.

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Préparer la rentrée

Hier, j’étais gracieusement convoquée par la directrice de l’école maternelle qui va accueillir la Grande Ourse. Oui convoquée parce qu’elle est déchargée de sa classe les lundi donc c’est le seul jour où elle accueille les parents et puis, bien sûr, sur les horaires de classe donc tu poses un congé et puis tu te tais ! Je suis jamais au boulot en ce moment donc disons que je ne suis plus à ça près… Je me suis quand même dépêchée d’accepter le créneau parce que les dossiers d’inscription étaient dispos en mairie à partir du 24/04 (avant si tu veux te soucier de la rentrée de ton gosse c’est TROP TÔT !) et ensuite si tu retires tous les lundi OFF de mai, juin,  il reste plus grand chose !

On parle de l’école avec la Grande Ourse depuis plusieurs mois, le sujet étant énormément associé au port de petites culottes. Elle était donc ravie d’y aller.

On est accueillies par la directrice, la petite cinquantaine je pense, vraie coupe de cheveux de maîtresse. Ou absence de coupe de cheveux si tu préfères, une longueur bien droite, une frange bien sèche bref tu vois, pas moderne, pas stylée.

Echange dans son bureau où je peux poser mes 36 questions. A côté de moi, la Grande Ourse avait envie qu’on se soucie d’elle, elle a donc balancé le nom de sa sœur, très important ça, même la dame qui attend aux caisses derrière nous DOIT savoir ça. Puis, comme la discussion d’adultes ne l’intéressait pas, elle a profité des jouets présents dans le bureau. J’ai essayé de la faire se tenir tranquille, lui ai dit à 2-3 reprises de ne pas faire de bruit, l’ai rouspétée quand elle a voulu jouer avec un ballon. Honnêtement, pour une petite fille qui n’a pas encore 3 ans, elle était sage (bien sûr OK c’est mon jugement de maman). On peut pas lui demander de faire le piquet sur sa chaise non plus… Ceci dit j’ai vraiment trouvé la directrice un peu agacée et assez rigide. Genre, on quitte le bureau il faut remettre les jouets dans le bac alors qu’elle les a trouvés sur le bac quand elle est arrivée… Heu …. hein….

A plusieurs reprises dans l’échange, je faisais le parallèle entre le fonctionnement crèche et école car oui pour moi il y a des similarités. Mais je crois que ça lui a pas plu, elle m’a sorti en réponse plusieurs fois que ce n’était pas le même encadrement (ils sont moins nombreux).

Il y a un truc qui m’a agacée dans cet échange c’est le ressenti que j’ai eu qu’on va coller ton môme dans un moule, qu’il devra faire comme ci, comme ça et pas autrement. Oui OK, la vie en société a besoin de règles mais bordel ces enfants ont 3 ans… En plus du côté rigide de la directrice, je l’ai trouvée absolument pas intéressée par ma fille. Ma merveilleuse et fabuleuse Oursonne quoi bordel ! Je m’attendais à mieux d’un professionnel de l’enfance. Même la doc de SOS Médecins vue il y a 10 jours et la doc remplaçante vue la semaine dernière pour la Petite Ourse (oui je passe ma vie chez le médecin…) se sont toutes deux intéressées à la Petite Ourse, ont pris sur leurs quelques minutes de consultation pour écouter ce qu’elle racontait.

Forcément du coup ma Grande Ourse est pas ressortie de là enthousiaste. Même si elle me disait ce matin qu’elle va aller à l’école encore, la visite lui a fait ni chaud ni froid !

Pour moi ça m’a même plutôt fait froid que chaud. Je pense pas être mère poule, l’entrée à l’école ne m’angoisse pas mais c’est un cap à passer pour l’enfant et je m’en soucie pour que cela se passe en douceur et au mieux pour la Grande Ourse car c’est un changement de vie majeur. Là j’ai été plutôt déçue par les lieux vieillots, la salle de classe où il faut slalomer entre les meubles, où tout est chargé, il n’y a presque pas d’espace pour respirer. Les sanitaires sont à l’ancienne avec les drôles de fontaines à eau ronde. Et le PQ marronnasse rêche à l’ancienne aussi. Bordel depuis 30 ans on a toujours autant le droit de se râper le c*l ?!?! Je n’ai même pas vu voir les dortoirs car il y avait encore des enfants (fin de sieste à 15h et il était 15h30… mais on ne réveille pas ceux qui ne sont pas réveillés).

Il y a 5 classes avec là encore une grosse incompréhension :

  • une classe tous petits / petits où il y a les enfants de 2015 donc qui rentrent « tôt » à l’école et des 2014 plutôt de fin d’année
  • 2 classes petits /moyens
  • 2 classes moyens / grands

La Grande Ourse étant de juillet elle est entre 2, pas vraiment de fin d’année mais pas dans les vieux 3 ans non plus. J’ai dit que je ne la voulais pas avec les tous petits car elle est en crèche avec des plus grands. Normalement elle a peu de chance d’y tomber mais … on me garantira rien quoi !

Je trouve le concept des classes double niveau assez naze mais comprenez avec les effectifs ils peuvent pas faire une classe de 20 et une de 30 donc on mixte les niveaux et les enfants. Et ils répartissent les moyens en fonction du niveau de bavardage pour garder un minimum de calme. Sachant que, à ce jour, ils n’ont AUCUNE connaissance du nombre d’enfants qui seront inscrits genre elle peut pas dire, j’ai 27 enfants qui font leur première rentrée en maternelle. Notre commune a 2 écoles maternelles et les enfants sont répartis en fonction du lieu d’habitation mais il y a aussi une zone de la ville qui est zone tampon et où les enfants peuvent aller dans l’une ou l’autre des écoles en fonction de la répartition globale. Bref hyper simple ! Donc fin juin début juillet, ils font un pré listing des classes. Fin août, ils le refont car, soit disant, ça bouge beaucoup pendant l’été (style ?!) et la constitution des classes sera affichée le vendredi avant la rentrée.

Si la Grande Ourse va bien dans une classe petits/moyens, sa maîtresse sera soit la directrice elle même (cooool) soit une autre. Bien sûr, il faut habiller l’enfant « facile à faire tout seul » donc exit lacets, ceintures. Bien sûr s’il est malade il dégage rentre à la maison. Elle te parle alors des personnes qui peuvent venir le chercher; « les grands parents ». Ben non, on a pas de grands parents à côté nous et puis quand bien même malheureusement ce ne sont pas des vieux croûtons et ils bossent encore ! Pourquoi ça parait encore tellement ancré dans les habitudes en 2017 que l’enfant malade aille chez les grands parents ?! Et chers parents qui avez déjà des enfants scolarisés, comment faites-vous ??? Moi quand j’ai dit ça au Barbu, il a dit « on est pas dans la merde ». Oui ça résume tout !

Bref, on prépare la rentrée. Et c’est un vrai plaisir…

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Le seul parent 

Mes 2 Ourses passent toutes leurs journées en crèche (hors WE évidemment). Elles y passent donc une majeure partie de leur vie. Et y prennent de nombreux repas.

La Grande Ourse a commencé la crèche a 21 mois donc le début de la diversification elle l’a vécu avec sa nounou. Pour la Petite Ourse qui a eu 5 mois mi décembre, j’ai profité des vacances de Noël a à la maison pour entamer la diversification, c’était l’idéal car commencer sur un WE c’est un peu short. En 10 jours néanmoins, elle n’avait alors pas encore goûté de nombreux légumes (4 ou 5 seulement je crois dans la mesure où  elle a fait sa première bronchiolite la même semaine).

La crèche ne peut donner que des aliments qui ont déjà été goûtés à la maison donc c’est à nous, qui ne donnons que 2 repas par semaine, de faire le boulot. C’est normal mais pas très facile car du coup ça prend du temps, WE après WE, de tout intégrer. Il y a eu, à cette occasion, des moments WTF puis des moments pfff quand il a fallu faire goûter des légumes qui ne sont JAMAIS au menu à la maison : navet, poireau (je déteste ça), betterave (le seul truc que mon père aime pas donc on en mangeait pas). Si l’enfant n’avait pas goûté le légume au menu du jour, il avait carotte. Parfois autre chose, mais dans 80% des cas carottes, il valait donc mieux s’organiser un peu si on voulait pas que ce soit carotte 4 jours sur 5. C’était il y a quelques mois donc c’est pas l’objet essentiel de mon article aujourd’hui.

La semaine dernière la chef de classe des bébés m’a donné un post-it avec les nouveaux fruits de saison : raisin, rhubarbe, mangue, framboise, cannelle, fraise, pruneau, orange, myrtille, mirabelle. Gros programme ! Heureusement il y en a dont j’ai pu de suite lui dire qu’ils avaient déjà été intégrés. Pour le reste, j’ai tiqué essentiellement sur rhubarbe, cannelle et raisin. Il faut savoir que je refuse de faire des compotes pour les fruits, ça m’intéresse pas, je trouve pas ça rentable. Bref, peut importe, moi les compotes je les achète. Donc les fruits de la crèche si je les trouve pas dans l’industriel ben je peux pas les faire goûter. On a entamé la semaine dernière donc le nouveau programme et avons barré sans souci mirabelles et myrtilles.

J’en ai reparlé dans la semaine avec l’équipe quand j’ai appris qu’à présent, une fois le stock de compotes « de dépannage » fini, si l’enfant n’a pas goûté le fruit concerné, pas de compote ! Heu, pardon ? J’ai été claire et honnête, le midi je m’en fous, l’enfant a sa purée, son yaourt si on retire la compote pas de problème. Mais au goûter, il a donc juste un yaourt… Et il aura pas double portion, il me l’ont confirmé. C’est donc trop peu ! Mercredi soir, je demande à la chef de groupe si je peux fournir une compote pour ma Petite Ourse le temps de cocher les fruits de la liste (il en reste encore 5 donc pas possible de les faire en un WE). Ça aurait permis que la Petite Ourse ait une compote de dépannage le jour où le fruit pas encore goûté tombe. La fille s’est renseignée et m’a dit le lendemain que non, ma solution était refusée. Ça m’a agacée car OK je comprends qu’ils aient des règles mais là on se retrouve dans une impasse sans solution. Je lui ai donc dit cash que ben, si c’était comme ça, on allait mentir et dire que oui elle a goûté tous les fruits comme ça plus de problème. Et dans le fond franchement, ça me gêne absolument pas que des aliments soient découverts pour la première fois à la crèche.

La discussion a été conclue en me disant qu’elle ne pouvait rien de plus mais que j’avais la possibilité d’en parler avec la directrice. Je lui ai dit que ça n’allait rien changer d’en parler avec la directrice mais il se trouve qu’elle était dans le couloir quand je suis partie et que j’en ai donc profité pour aborder le sujet. La directrice est juste adorable et j’avais déjà eu de nombreux échanges très sympas avec elle donc j’hésite pas, elle est ouverte et cool.

J’ai bien fait d’en parler avec elle car j’ai appris des choses en plus. J’ai exposé de nouveau la problématique pour nous et le recours au mensonge qui sera obligatoire si pas d’autre option… Elle n’a pas été choquée par ça mais m’a dit que c’était la première année qu’ils avaient des soucis de menus avec les bébés. Et m’a confié que la Petite Ourse était le seul bébé concerné. Heu whaaaat ? La Petite Ourse de 9 mois qui est donc dans l’âge moyen du groupe est la seule qui n’a pas goûté la tripotée de nouveaux fruits qui sont sortis 10 jours plus tôt ? T’y crois toi ? Moi non ! Et je lui ai dit que les autres parents devaient donc être de sacrés menteurs… ce qui lui semblait d’ailleurs fortement possible.

Je suis donc LE SEUL parent à être honnête sur les aliments donnés à la maison ? LE SEUL parent qui joue le jeu des aliments proposés par le fournisseur de repas de la crèche ? Alors là je m’en suis encore pas remise. Car clairement, je suis pas la mère parfaite. La preuve je donne des compotes industrielles. Et ça me semblait évident que parmi les autres parents il y aurait bien une ou 2 maman control freak (j’ai rien contre hein chacun sa vie). D’autant que jusque là, aucun parent n’avait d’intérêt à mentir dans la mesure où on savait qu’il y avait petit pot avec un autre légume ou fruit en fonction de l’enfant.

En prime, cet échange avec la directrice a mis en évidence la solution dont la chef de section me parlait pas aka, lors de la commande des menus pour la semaine qui suit, si ma Petite Ourse n’a pas goûté tel fruit, on lui commandera pas la portion mais une compote pommes à la place (jusque là en fait ils commandaient des portions du menu pour tout le groupe + des petits pots par période ce qui était ruineux). Mais voilà ! C’était pas si compliqué en fait. Il fallait juste gratter jusqu’au bout pour avoir toutes les infos. Avec risque de se faire mal voir par la totalité des interlocuteurs, tant pis hein.

Bref, maintenant tu peux m’appeler la mère parfaite. Ou mère Pinocchio car je vais quand même mentir un peu sur la liste… Le raisin par exemple tu me dis comment on le prépare dans une compote sans se retrouver avec des bouts de peau croquants, pas mangeables ? Mais applaudis moi quand même, j’ai trouvé une compote à la rhubarbe et l’ai mise dans mon chariot drive (je hais la rhubarbe)(ce qu’il faut pas faire pour être parfaite).

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La petite date et non la grande

Il y a 36 ans, alors que je n’étais même pas encore née, ma mère perdait son premier petit garçon, ce grand frère que je n’ai jamais connu. Mort subite du nourrisson. MSN, ces mots que l’on connait tous et dont je n’ose imaginer ce que cela représente de les vivre. Je ne peux pas mesurer ce que ma mère a vécu. Même si je suis maman aujourd’hui, même si perdre mon enfant serait ma pire hantise, je ne peux l’imaginer.

C’était il y a 36 ans. Jour pour jour.

Et donc… depuis… nous entendons tant parler du 8 mars dans les médias. Comment y échapper ? On est tellement parasités par tout ça, où qu’on aille… Je ne juge pas le combat, je ne juge pas le choix de date même s’il est malheureux dans notre cas. Je juge bien sûr la communication faite là dessus (ce qui est délicat, ce qui est maladroit, on va pas rentrer dans les détails).

Bref, chaque année, je ne cautionne pas cette date. Par empathie pour la souffrance de ma mère. Parce qu’elle n’a pas besoin de cette journée des droits de la femme pour se souvenir encore, année après année, de la perte de son premier bébé.

Et aujourd’hui j’ai envie de vous dire, à vous toutes qui me lirez ici combien j’espère que ce 8 mars soit autre chose pour vous. Une petite date dans votre vie anonyme et non la grande que nous rabâche les médias.

Le souvenir de votre premier baiser ?

La signature de l’achat de votre maison ?

L’anniversaire de votre grande sœur ?

Un jour de congé passé au soleil ?

Une date clé de votre parcours PMA, celle dont vous vous souviendrez comme d’un aboutissement ?

Une bonne nouvelle professionnelle ?

Une soirée mémorable entre ami(e)s ?

Un moment de détente bienvenu après ce pénible hiver ?

La découverte d’une bonne adresse près de chez vous ?

Je ne sais pas ce que vous vivrez les unes et les autres aujourd’hui mais je vous souhaite ce petit quelque chose qui rende votre journée belle, racontez-le moi ici en commentaire. Cette journée peut être aussi autre chose que le rabâchage médiatique qui tourne autour.

Pour ma part, c’est une journée pluvieuse de mars, un ciel gris mais ce soir je serrerai très fort mes filles contre mon cœur, leur redirai encore et encore combien je les aime. Après une grosse frayeur hier, je vais les retrouver ce soir avec émotion. Et j’embrasserai également passionnément l’homme qui partage ma vie et que je remercie d’être là, présent, soutenant. Mon pilier dans les épreuves, celui sans qui je ne ferai rien.

Que votre journée soit douce.